Avec Philippe Annocque , Pauline Delabroy-Allard
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Le , La chouette librairie

Pour inaugurer le bal, peut-on rêver mieux qu'une rencontre sur le thème de l'amour ? La chouette aura l'immense plaisir d'accueillir Pauline Delabroy-Allard et Philippe Annocque, dont les romans respectifs "Ça raconte Sarah" (Minuit) et "Seule la nuit tombe dans ses bras" (Quidam) enverront valser vos idées préconçues sur le couple. Une belle soirée en perspective !

On vous en dit plus sur ces chouettes romans :

"Ça raconte Sarah", de Pauline Delabroy-Allard, Minuit
Concerto pour deux corps enflammés, allegro, furioso, mais jamais moderato, Ça raconte Sarah risque bien de vous entraîner dans une danse effrénée de laquelle vous ne sortirez pas indemne. Difficile d’échapper à cette passion dévorante, que la narratrice évoque du fin fond de sa retraite où elle s’est isolée après le passage de l’ouragan Sarah. Leur rencontre relève pourtant du plus grand des hasards, tout les oppose, Sarah est entière et exubérante alors que la narratrice vit de façon plutôt stable, discrète, seule avec sa fille. C’est la première fois, l’une comme l’autre, qu’elles sont attirées par une femme. Mais le désir va les surprendre, les submerger, les noyer jusqu’au grand fracas de leur amour. Car une telle passion peut-elle se vivre au quotidien ? Comment faire quand le manque de l’autre devient si grand qu’on pense en mourir ?

Dans un style vif et sans détour, Pauline Delabroy-Allard raconte Sarah, sa joie, ses concerts avec le quatuor à cordes, ses sautes d’humeur, ses extravagances, son rire, sa folie, ça raconte Sarah du point de vue de la narratrice qui s’efforce de suivre le rythme, qui ne sait plus quand respirer, comment survivre au silence que Sarah la sulfureuse laisse dans son absence. C’est une partition écrite avec brio, qui prouve que si toutes les histoires ont déjà été racontées, la façon de le faire peut encore dérouter, subjuguer, épater. Un premier roman bluffant, à lire d’un souffle.

"Seule la nuit tombe dans ses bras", de Philippe Annocque, Quidam
Aaaaah l’amour… Depuis le temps que ça fait tourner le monde et les cœurs, on pourrait croire que tout a été écrit. Mais non ! C’est sans compter sur Philippe Annocque, qui révolutionne la romance épistolaire façon 2.0. Car c’est bien sur Facebook qu’Herbert va succomber à la tentation – pas tellement le bleu du logo, non, mais le bleu du soutien-gorge, là, en revanche… Démarre alors une relation érotique puis amoureuse (?) entre le narrateur et Coline, jeune femme devenue « amie » par le biais d’un autre « ami » en commun (ainsi va le monde du réseau social). Mais derrière ces échanges de plus en plus passionnés, voire crus, que se passe-t-il réellement ? N’ont-ils pas l’une et l’autre une famille, mari-femme-enfants, ne sont-ils pas heureux ? Rêvent-ils d’autre chose ?

Plus de questions soulevées que de réponses dans ce texte drôle et bien amené de Philippe Annocque, qui interroge avec brio notre rapport à la virtualité, au sentiment amoureux, à l’identité, à ce qui fait le lien entre deux personnes. A ce qui peut défaire ce lien, également… Entre fragments poétiques existentiels et extraits de « chat » Messenger, le roman bascule volontiers d’un style à l’autre, structurant le récit d’une façon fort originale.

Reste qu’on est forcément en droit de se poser la question : « chatter », c’est tromper ?

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