par (Libraire)
4 septembre 2021

Coup de cœur de la chouette

Auriez-vous choisi Bar-Le-Duc pour mettre fin à vos jours ? On peut rêver plus exotique, plus éclatant, voire même plus gothique, mais voilà, il semblerait que la poutre d’un banal hôtel de la cité ducale suffisait à Frédéric Berthet. Qui, soit-dit en passant, s’il est bien l’homonyme de l’auteur du roman Daimler s'en va, ne serait en revanche aucunement lié à l’affaire de l’enveloppe mauve à fermeture japonaise, elle-même liée à l’affaire Flamurd… Enfin n’en disons pas trop, puisqu’on en saura plus dans le livre - ou pas, après-tout.

En une folle et splendide phrase de 200 pages, Pierre Demarty mène l’enquête aux côtés d’Yvon Castropade,“déctetive privé” dyslexique, pour faire la lumière sur cette affaire, ou d’autres, ou encore la culture de la groseille, et j’en passe. De digressions en parenthèses, on pourrait presque croire qu’on s’éloigne du sujet ; pourtant le boomerang n’est jamais loin.

Mort aux girafes est un texte étonnant, érudit l’air de rien, qui brille autant par son intelligence narrative que par ses blagues de seconde zone et ses descriptions improbables. On en retiendra surtout, en plus des fous rires et de l’immense plaisir de lecture, une furieuse envie de découvrir Bar-Le-Duc… ah non, toujours pas ?

Chronique rédigée pour le numéro spécial "Rentrée Littéraire 2021" du journal LE UN

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