Cher.e.s chouettes lecteur.trice.s,

vos libraires sont en congés du 26 juillet au 17 août inclus. Pendant cette période, aucune commande ne pourra être traitée. Les livres qui ne sont pas en stock seront commandés par nos soins à la réouverture, et disponibles environ une semaine plus tard. Bel été à tou.te.s !

 

Alex-Mot-à-Mots

http://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Unorthodox : L'autobiographie à l'origine de la série Netflix
8 août 2020

famille, religion

J’ai été déroutée par cette lecture car la série Netflix que j’avais regardée avec passion ne suit que de loin le déroulé du récit. En effet, Deborah décrit beaucoup son enfance et son adolescence ; elle ne cherche pas sa mère ; elle a un fils et s’inscrit à l’université ; elle ne chante pas.

Passés ces détails, on suit la vie d’une jeune fille qui se sent tout le temps à part. Qui tente de se conformer aux règles absurdes (c’est elle qui le dit) édictées par le rebbe de la communauté.

Elle essaye tant qu’elle peut d’être une bonne fille pour faire plaisir à ses grands-parents qui l’élèvent, jusqu’au moment où elle prend conscience qu’elle ne sera jamais heureuse parmi eux.

Un récit passionnant de passage à l’âge adulte.

Quelques citations :

Un rabbin à qui manque une connaissance suffisante du Talmud penchera toujours pour le côté le plus strict, parce qu’il doute de sa propre aptitude à trouver les lacunes.

L’idée qu’on doive accorder plus de valeur à l’instinct qu’à la logique, à l’émotion qu’à l’intellect.

L’image que je retiendrai :

Celle de la différence entre porter une perruque et un turban suivant son statut social.

https://alexmotamots.fr/unorthodox-deborah-feldman/

La Septième croix

Anne-Marie Métailié

22,00
8 août 2020

1939-1945, Résistance

J’ai aimé suivre Georg depuis son évasion jusqu’à sa montée sur le bateau qui l’emmènera loin de son pays ; sa blessure à la main qui a failli lui être fatale ; sa faim, son manque de sommeil ; sa maitresse qui lui tourne le dos ; ses anciens amis qui risquent gros pour lui.

J’ai aimé la vie ordinaire qui continue : la veste du jeune Helwig, les pendants d’oreilles en corail rouge d’Elli, les brioches à la vapeur de Liesel, la tarte aux pommes grande comme la table de la cuisine des Marnet…

J’ai senti l’omniprésence de la surveillance dans une ville ordinaire : difficile d’échapper à ses voisins.

Au milieu de cette vie ordinaire surgit l’extra-ordinaire : un prisonnier politique échappé.

Qu’aurions-nous fait ? Quels risques aurions-nous pris, ou pas ?

L’image que je retiendrai :

Celle de la septième croix restée vide devant la piste de danse du camp, comme un espoir.

https://alexmotamots.fr/la-septieme-croix-anna-seghers/

UN LIVRE DE MARTYRS AMERICAINS
8 août 2020

Etats-Unis

De l’auteure, j’aime ou déteste les romans. Celui-ci me laisse une impression mitigée.

Pourquoi autant de pages (859) pour en arriver à une telle fin gentillette et presque impossible ?

Loin de moi l’idée de vous décourager de lire ce pavé déstabilisant.

Car ce qui est intéressant dans ce roman fleuve, c’est que l’auteure ne prend pas partie entre deux engagements, l’un pour l’avortement, l’autre contre.

D’une part Luther Dunphy, endoctriné par son église de Jésus de Saint-Paul, qui lutte contre l’avortement au point de tuer un médecin avorteur.

En parallèle, la famille du médecin tué, et surtout sa seconde fille Naomi, qui perd pied quelques années après la mort de son père et avant que sa grand-mère de New-York ne la prenne sous son aile.

Nous suivons surtout les vies de Naomi et de Dawn Dunphy, leur fille respective. L’une deviendra documentariste et l’autre boxeuse professionnelle. Les deux cherchant le père de façon différente.

J’ai été gênée, lorsque les chapitres parlent de la famille Dunphy, de lire et relire jusqu’à la nausée que les bébés avortés étaient vivant et n’avait rien demandé. Comme un leitmotiv enfoncé dans le crane au marteau-pilon.

J’ai eu pitié de Dawn, qui devient DD Dunphy, le marteau de Jésus, cherchant dans la boxe un exutoire pour toute la violence qu’elle ressent suite à la mort de son père. Elle qui commence un sport devenu l’apannage de noirs et des hispaniques américains, elle la petite blanche désargentée et sans formation.

J’ai eu pitié de Jenna, la femme du médecin, qui disparait de la vie de ses enfants car elle ne peut pas faire face à la mort de son mari.

Naomi m’a paru plus énigmatique, sans réelle volonté, commençant un travail de recherche sur son père mais ne le terminant pas.

Deux Amériques se font face : celle de petits blancs sans éducation qui cherchent et trouvent un sens à leu vie dans la religion jusqu’à l’excès ; celle de la bourgeoisie blanche qui s’engage pour une cause au mépris de sa propre sécurité et de celle de sa famille.

Une conclusion bien plate : bien sûr que ces deux hommes étaient suicidaires, mais ils ont laissé à un autre le soin de les tuer. Ils ont tous deux laissés une famille en morceaux derrière eux.

Quelques citations :

Que cela tienne à ses croyances religieuses, ou à Luther Dunphy lui-même, il en avait après les « subventions fédérales » et « l’aide sociale »… après « l’Etat socialiste » qui était un « Etat athée impie ».

Et Luther n’avais pas confiance dans les hôpitaux, lui non plus. Ils n’avaient pas confiance en grand-chose, à part leur église – et pas n’importe quelle église, seulement la leur. (Qui apprenait à ses fidèles à se méfier des autres églises chrétiennes).

Ce ne sont pas les femmes qui prennent l’initiative d’une plainte, mais quelqu’un qui se sert d’elles : suivez la trace du sperme. Celui qui les féconde est généralement celui qui se sert d’elles.

Qu’il y avait une guerre religieuse aux Etats-Unis pour le coeur et l’esprit des citoyens… des électeurs. Qu’il y a une guerre. Et dans une guerre, des innocents périssent.

De même que les politiciens de droite se faisant populiste pour attirer les votes, ils étaient financés par des sociétés prospères, uniquement préoccupées de faire élire des gouvernements favorables aux affaires.

Elle est incroyable ! Elle n’admettra jamais, pas un instant, avoir commis une faute.

L’image que je retiendrai :

Celle des nombreuses mouches qui parsèment le récit régulièrement. Un parfum de putréfaction dans ces pages ?

https://alexmotamots.fr/un-livre-de-martyrs-americains-joyce-carol-oates/

La vie ordinaire
8 août 2020

vie moderne

Essai sur la vie ordinaire ? Roman de la découverte d’Emerson ? Récit d’une grossesse ?

J’ai aimé retrouver la voix et le phrasé de la journaliste animatrice de l’émission "Les chemins de la philosophie" sur France Culture, les matins à 10h.

J’ai aimé la suivre sur ses chemins : la découverte d’Emerson, sa grossesse comme création d’une vie extra-ordinaire.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’escalade d’une roche en bord de mer.

https://alexmotamots.fr/la-vie-ordinaire-adele-van-reeth/

Les oubliés de Londres
8 août 2020

Londres, policier

De l’auteure, j’avais aimé "Les chemins de la haine" sur l’esclavage des migrants en Angleterre.

Son dernier roman se déroule au cœur de Londres, dans un quartier en pleine reconstruction. D’anciens immeubles sont détruits pour laisser place à de hautes tours d’immenses appartements inoccupés, achetés pour blanchir de l’argent ou placer son argent.

Les rares occupants sont tellement épuisés par leur travail pour rembourser leurs prêts qu’ils partent trop tôt et rentrent trop tard pour profiter de la vue.

Dans un des immeuble en contre-bas vivent encore Molly, photographe engagée qui vivote par choix ; Callum, ancien militaire qui fait de récurrents cauchemars ; une mère et sa fille qui partiront bientôt ; et un couple dont la femme vient d’avoir un AVC.

Un soir, ils célèbrent la sortie d’un livre consacré à leur combat. Mais tandis que la fête bat son plein, Hella, auteure du texte, et Molly, auteure des photos, se retrouvent face à l’encombrant cadavre d’un homme. La décision qu’elles prennent alors va lier leurs destins, inextricablement.

Molly nous raconte jour après jour ce qu’elle vit après cette funeste soirée. S’intercale à chaque chapitre un autre sur Hella qui remonte le temps pour nous faire découvrir la jeune fille.

Petit à petit, on découvre une Molly qui a fait d’Hella sa fille en lui faisant découvrir le milieu contestataire (les grandes grèves des mineurs, les black-blocks).

Petit à petit, on découvre Hella, fille d’un policier haut gradé, ayant fait de bonnes études. Quel élément déclencheur l’a-t’il fait quitter le confort d’un pavillon bourgeois pour se lancer dans la lutte ?

Qui est ce mystérieux Dylan qu’elle rejoint parfois ?

J’ai aimé Molly, ses choix, son engagement, son refus de vivre ailleurs qu’à Londres, même si cela devient impossible.

J’ai aimé ces femmes victimes de la violence des hommes mais qui ne baissent pas les bras, au contraire.

Un roman sur l’urbanisation sauvage, la gentrification d’une capitale qui perd peu à peu son âme, et les violences faites aux femmes.

L’image que je retiendrai :

Celle du vieil homme qui arpente les berges boueuses de la Tamise. Que cherche-t’il ?

https://alexmotamots.fr/les-oublies-de-londres-eva-dolan/