Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

N'essuie jamais de larmes sans gants
16 septembre 2019

Homosexualité, SIDA

Ce livre n’est pas un roman, ce livre est une ode aux morts homosexuels du SIDA en Suède, lors de leurs folles années de libération.

Nous suivons Rasmus et Benjamin, ainsi que leurs amis Paul, Lars-Ake, Seppo, Reine et Benrgt.

Au fil des pages, nous découvrons leur histoire : leur enfance, souvent dans des petits villages ; leur adolescence et leur arrivée à Stockholm où ils peuvent enfin vivre leur sexualité, même de façon cachée.

Benjamin, bien qu’ayant grandi à Stockholm est celui qui a fait le plus de chemin, ayant été élevé par des parents témoins de Jéhovah.

Il tombe amoureux de Rasmus dès leur première rencontre un soir de Noël par l’intermédiaire de Paul.

C’est le temps de l’amour. Puis vient le temps de la maladie : l’entrée dans l’inconnu sans le savoir. Reine sera le premier touché.

L’auteur décrit les conditions horribles de non-soins des premières victimes du SIDA.

Puis vient le temps de la mort : le deuil des amis, mais aussi la méconnaissance des familles.

J’ai aimé le leitmotiv de Benjamin : Je veux dans ma vie pouvoir aimer quelqu’un qui m’aime.

J’ai découvert le leitmotiv des témoins de Jéhovah dans leur famille : amour et surveillance.

L’auteur reprend aussi plusieurs leitmotivs : ces jeunes hommes, forces vives de la nation, que la société laisse mourir ; certains passages sont repris comme celui sur la tour de garde de la famille de Benjamin.

Il est beaucoup question de lecture de Picsou magazine !

J’ai aimé les réveillons de Noël chez Paul, année après année, jusqu’à la dernière.

Je ne savais pas que la lettre lambda était l’un des signes de reconnaissance des homosexuels.

J’ai aimé que Rasmus écrive son nom sur la buée de la vitre qui disparait, alors que Benjamin inscrit ses empreintes indélébiles.

J’ai aimé l’analyse de l’auteur sur le SIDA : le malade du SIDA n’est pas en premier lieu une personne que la société doit protéger. Il est une personne dont la société doit se protéger.

J’ai aimé le parallèle entre Rasmus et l’élan blanc : eux, à part, si différents.

J’ai aimé le cri de vie de Paul : oui, il a existé.

L’image que je retiendrai :

Celle de la couleur jaune qui revient par touches.

https://alexmotamots.fr/nessuie-jamais-de-larmes-sans-gant-jonas-gardell/

La Maison
16 septembre 2019

Prostitution

"J’ai toujours cru que j’écrivais sur les hommes. Avant de m’apercevoir que je n’écris que sur les femmes. Sur le fait d’en être une."

Dans ce dernier roman (mais s’agit-il d’un roman ou d’un récit ?) l’auteure parle d’une profession bien particulière : la prostituée, celle qui officie en maison close en Allemagne.

Á Berlin, la narratrice commence son métier dans une maison pleine de jeunes filles de l’est rivée à leur smartphone en attendant le client. Mais cela ne lui convient pas.

Elle trouve alors La maison où chaque femme est libre de venir travailler ou pas, de refuser un client, de disparaître sans laisser d’adresse.

"Il est vrai que la situation des prostituées est différentes en France, mais j’ai apprécié son analyse. Ce métier en appelle à la capacité des femmes à perdre leurs repères et à les retrouver tels qu’ils étaient à la même place" (p.241).

"Cette maison représente un endroit sur terre où ces femmes sont adorées, convoitées, réputées, flattées comme d’adorables despotes, (…) jalousées et acceptées (…). Et c’est peut-être exactement le nœud du problème" (p.249)

"Peut-être que le jour où on offrira aux femmes des boulots convenablement payés, elles n’auront plus l’idée de baisser leur culotte pour compléter leurs fins de mois "(p.255).

"Le bordel est la part d’humilité inexorable de la société, l’homme et la femme réduits à leur plus stricte vérité – de la chair" (p.356)

Elle m’a fait rire parfois, comme lorsque Paulette, archétype de l’Allemande, arrive au milieu de filles ukrainiennes.

J’ai été frappé par le rapport au temps de ces femmes qui attendent beaucoup. Parfois avec leurs camarades, parfois seules face à leur téléphone.

On sent dans ces pages, que la narratrice y a trouvé son bonheur pendant 2 ans. Et c’est là le principal.

L’image que je retiendrai :

Celle des beaux jours d’été à Berlin, à croire qu’il n’y a pas d’hiver.

https://alexmotamots.fr/la-maison-emma-becker/

Les mafieuses
15,00
16 septembre 2019

Enquête, mafia

Les règlements de compte façon mafia, ce n’est pas trop mon truc. Mais ce titre au féminin me faisait de l’œil depuis un moment.

Je n’ai pas été déçue par cette famille : le père est aux soins intensifs suite à un AVC, mais a lancé un contrat sur la tête de sa femme si il mourait pour qu’ils restent à jamais unis, même décédés (c’est beau, hein ?)

La fille aînée a repris le business de la drogue dans la ville en fournissant les camés via sa pharmacie. Et elle compte bien ouvrir des succursales.

La cadette c’est elle lancée dans l’humanitaire pour rompre avec papa, mais s’aperçoit que dans ce milieu, les magouilles sont juste revêtues de bonnes intentions.

J’ai aimé ce roman mené tambour battant où l’on suit ses trois femmes de caractères, les hommes étant soit morts, soit en maison de retraite.

J’ai aimé l’inventivité de la couverture de la pharmacie, je suis sûre que ça peut marcher….

L’auteure n’y va pas de mains mortes avec les associations humanitaires, ça sent le vécu.

Une famille de mafieuses sans pistolet que l’on n’oublie pas.

L’image que je retiendrai :

Celle de la fille aînée achetant une balancelle pour son jardin dans l’optique de faire assoir dessus ses hommes de main. Jubilatoire !

https://alexmotamots.fr/les-mafieuses-pascale-dietrich/

Lettres de pluie
16 septembre 2019

Secret de famille, Suède

En refermant ce roman, je me suis demandée si le narrateur existait.

Andréas revient sur l’île où il a grandit avec sa sœur Minna après la mort tragique de leurs parents, élevés par Johannes.

Or Johannes vient de décéder, laissant la maison à Andréas car Minna est morte quelques années plus tôt.

Au fil de ses souvenirs et des indices qu’il découvre, Andréas tente de remonter le fil de son histoire : ses parents décédés étaient-ils ses vrais parents ? Minna était-elle vraiment sa soeur ?

Et que faisait le mystérieux châtelain Kaufman pendant la guerre de 39-45 ? Que cachait vraiment sa colonie de jeunes enfants ?

Et en même temps, certains chapitres décrivent ce qu’il se passe dans l’île au moment où Andréas revient.

Une lecture qui me laissera un goût de flou, car on ne saura jamais de qui Andréas était le fils ; si Minna a mis fin à ses jours.

L’image que je retiendrai :

Celle de la maison jaune de Johannes.

https://alexmotamots.fr/lettres-de-pluie-steve-sem-sandberg/

La crête des damnés

Meno, Joe

Agullo

22,00
16 septembre 2019

Adolescence, États-Unis

De Joe MENO, j’avais beaucoup aimé "Le blues de la harpie", très lent.

Puis vint "Prodiges et miracles" qui m’avait emporté par sa plume narrative.

L’auteur change encore une fois complètement de décor : nous sommes à Boston dans une banlieue blanche en 1991.

Brian Oswald rêve d’emmener Gretchen au bal de la saison, mais ne sait pas comment lui demander. Car Gretchen est amoureuse d’un autre garçon, mais ne le lui dit pas. Qui plus est, elle est un peu forte et aime bien la bagarre, ce qui n’est pas le cas de Brian, plutôt tête de turc.

Pourtant, Gretchen n’a de cesse de lui offrir des compiles de chansons de ses groupes rock préférés (souvenez-vous, on utilisait encore des cassettes dans ce temps-là).

Si je n’ai absolument rien saisi des allusions à la musique punk, bien loin de mon univers musical, j’ai aimé suivre Brian dans sa découverte des filles, ces êtres bien mystérieux.

C’est aussi le moment où les parents se déchirent et divorcent, abandonnant leurs enfants à leur adolescence compliquée ; le temps de la découverte de la drogue et de l’alcool.

Le quartier de Brian est-il pour autant représentatif de l’Amérique de ces années-là : raciste et conformiste ?

Je me suis retrouvée dans cet adolescent qui se cherche, se distingue mais veut tout de même faire partie du groupe.

Mais j’ai été presque déçu que Brian ne veuille pas grandir, « parce que ça fait trop bizarre ». Á l’image de son pays, veut-il rester un éternel adolescent ?

Un roman lent, au rythme des atermoiements du cœur de Brian, qui ne se décide jamais vraiment.

L’image que je retiendrai :

Gretchen, après moult essais, a enfin la technique pour se teindre elle-même les cheveux en rose (et c’est pas facile pour une brune).

https://alexmotamots.fr/la-crete-des-damnes-joe-meno/