Librairie coiffard

La Section Lucky
14,90
par (Libraire)
16 janvier 2021

Conseillé par Stéphanie

Il s'appelle Gaspard, il est écrivain et durant cette année scolaire 1984-1985 il va rencontrer des élèves sous forme de cours particuliers pour aborder avec eux, de façon personnalisée, différentes méthodes d'écriture.
Elles se nomment Batz, Sein, Molène, Ouessant, Houat et Groix, elles font partie des îles du Ponant.
Ils s'appellent Anne, Erwan, Isabelle, Olivier, Urielle et Yves, ce sont les six jeunes îliens sélectionnés pour participer à ce programme d'enseignement exceptionnel.
Au gré des saisons et de la météorologie, le lecteur accompagne Gaspard d'île en île et découvre avec ses élèves la magie secrète, parfois poétique, parfois mathématique de ces vingt-six lettres qui constituent notre alphabet.
En fin connaisseur, Gaspard s'adapte au profil psychologique de chaque adolescent, qui finit par céder et se prendre au jeu des lettres, tout comme le lecteur. "La section Lucky" se lit comme une longue nouvelle, un voyage aux pays de la langue sous les embruns bretons.

Mon garçon

Moulins, Xavier de

Flammarion

16,00
par (Libraire)
16 janvier 2021

Conseillé par Stéphanie

"Mon garçon".
L'association de ce possessif et de ce nom sous-entend quelque chose de tendre, un peu de fierté aussi, quand on l'imagine prononcé par un père. On imagine aussi une main paternelle posée sur une épaule pour accompagner un conseil ou une confidence.
"Mon garçon", c'est effectivement une main timide mais bienveillante posée sur l'épaule d'un adolescent égaré. Et dans un geste d'amour maladroit, on sent cette main qui sert cette épaule.
Vincent s'est expatrié au Canada suite à son divorce. Abandonnant son fils adolescent, trop perdu en lui-même pour assurer son rôle de père. Et puis il y a ce message téléphonique de Florence, son ex-femme, pour le prévenir que leur fils Marcus s'est grièvement blessé dans un accident de scooter. Vincent retourne donc au chevet de son fils, en phase de devenir un homme désormais, et découvre que son enfant a le coeur brisé par une histoire d'amour.
Le temps d'un trajet en voiture, dans un bruyant silence, Vincent s'adresse intérieurement à son fils en remontant le fil de ses propres histoires d'amour. C'est juste, pudique et très touchant.

Come prima

Come prima

Simon, Sophie

Anne Carrière

18,00
par (Libraire)
16 janvier 2021

Conseillé par Stéphanie

Il y des titres de livres qui vous mettent des airs dans la tête. Avec le roman de Sophie Simon, c'est le "Come prima" interprété par Caetano Veloso et Gilberto Gil, entraînant, suave, qui nous habite longtemps. Il lui va bien cet air à Celso, amoureux incertain, passionné mal assumé, déstabilisé par un message surgit du passé. Elena, la femme qu'il a aimé il y a trente ans, lui propose de partager un café puisqu'elle est de passage à Rome. Il accepte avec enthousiasme, puis s'interroge dans la foulée sur le bien fondé de ces retrouvailles risquées. En attendant la rencontre, Celso écrit. Il nous livre son histoire, remonte le cours de sa vie, du drame qui a marqué son enfance de façon indélébile jusqu'aux deux femmes qui hantent son esprit aujourd'hui : Antonia, son épouse, et Elena, son amour perdu.
L'écriture de Sophie Simon séduit tout de suite et nous embarque facilement dans les méandres intimes de cet homme. "Chaque matin il me fallait endosser un rôle trop grand pour moi et retourner sur le champ de bataille de mes propres contradictions : ma raison m'ordonnait de la fuir alors que mon coeur me liait à chacun de ses pas". Tout est là. Cet homme mûr s'est toujours livré une guerre à lui-même. Et si Antonia a été son ancre, le retour possible d'Elena dans sa vie entraîne une dangereuse tempête intérieure.
Il nous agace Celso, puis nous amuse, nous attendrit pour mieux nous agacer à nouveau. Ce roman est une plongée dans le coeur fragile et perdu d'un homme tiraillé par une alternance de désir douloureux et d'éclairs de lucidité. Et tout en fredonnant "Come prima", le lecteur se laisse entraîner sans ce décor tellement italien qu'on pourrait l'imaginer en noir et blanc filmé par Fellini.

Le Coeur battant du monde
par (Libraire)
15 janvier 2021

Conseillé par Marie-Laure, Manon T et Stéphanie

Nous sommes en 1860, à Londres. Charlotte est une jeune Irlandaise qui tente désespérément de survivre dans cette ville sans pitié. Son fiancé est parti aux États-Unis pour tenter de faire fortune. Elle l’attend, elle porte son enfant. Mais à la suite d’une agression, elle va perdre son bébé. Charlotte sera sauvée et recueillie par un mystérieux médecin. Fatigué de devoir procéder constamment à des avortements, il décide de sauver un bébé à venir pour ensuite le confier à sa patiente. Or, cet enfant n’est autre que le fils illégitime de Karl Marx. Élevé par Charlotte, Freddy, tel sera son prénom, va devenir un jeune homme très débrouillard. À travers sa destinée, Spitzer raconte la fin de la guerre de Sécession, les premiers syndicats ouvriers et la naissance du mouvement nationaliste irlandais. Friedrich Engels, Karl Marx et surtout Tussy, sa fille et suffragette avant l’heure, autant de personnalités qui vont vous ravir. Une grande fresque romanesque inspirée par Dickens et Zola.
Article rédigé par Marie-Laure Turoche pour le magazine Page des libraires

PAR UNE ESPÈCE DE MIRACLE: L'exil de Yassin Al-Haj Saleh
par (Libraire)
15 janvier 2021

Conseillé par Marie-Laure

En 2017, Justine Augier publiait "De l’Ardeur", livre autour de l’avocate syrienne Razan Zaitouneh, enlevée en 2013, dans la ville de Douma. C’est lors de cette enquête qu’elle rencontre pour la première fois, le grand écrivain Yassin al-Haj Saleh dont la femme a disparu dans les mêmes circonstances. Depuis, il lui écrit des lettres qu’il publie dans un magazine en ligne. Prisonnier pendant seize ans, c’est en cellule nous dit-il qu’il « a appris à lire ». Toute sa vie n’est que révolte : des geôles aux zones rebelles comme Raqqa et Douma, il se réfugie à Istanbul, puis à Berlin où il est devenu pour sa plus grande tristesse un exilé. Justine Augier nous parle aussi des nombreuses procédures qu’on tente de mettre en place pour attaquer le régime de Bachar al-Assad. Il y a comme une certaine résonance avec le régime nazi. On convoque à ce propos Hannah Arendt et Walter Benjamin. La justice ? Peut-être un espoir de rendre la paix et la liberté au peuple syrien ?