Comme Ulysse
EAN13
9782818037379
ISBN
978-2-8180-3737-9
Éditeur
P.O.L.
Date de publication
Collection
Fiction
Nombre de pages
400
Dimensions
20 x 20 x 1 cm
Poids
388 g
Langue
français
Langue d'origine
français
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De 1953 à sa mort en 1978, le peintre Norman Rockwell vit à Stockbridge, une petite ville du Massachusetts. Il y fait notamment de nombreuses couvertures pour le Saturday Evening Post, parfois en prenant des habitants de la ville pour modèles. A en croire l'histoire racontée dans ce roman, vers la fin de sa vie il peint Rebecca, une fillette de Stockbridge. Une fois adulte, Rebecca épouse un autre peintre, Peter Milton, avec qui elle a deux enfants, Tom et Hannah.
Tandis que Rebecca rêve de devenir écrivain mais n'arrive visiblement à rien, Peter devient progressivement un grand artiste. Il propose un jour à une jeune Française, rencontrée dans le Vermont, de venir vivre dans sa famille ; en échange, elle devra poser pour lui et enseigner le français à ses enfants. Comme Ulysse est l'histoire de cette Française, racontée par elle-même. De la narratrice, on ne connaît ni l'âge, ni le nom véritable ; elle se fait appeler Lou et se présente le plus souvent en adolescente écervelée, un peu ignare et mal dégrossie.
Alors qu'elle ne devait rester aux Etats-Unis que le temps d'un séjour linguistique avec sa soeur, elle y passe plusieurs années, d'abord à New York puis en Nouvelle-Angleterre, et ses souvenirs de France (sa vie à Paris, ses vacances en Bretagne), de plus en plus douloureux, doublent le récit de ses aventures américaines, au point que la côte Est apparaît comme un mauvais reflet de la côte bretonne.
La nostalgie est aussi celle de l'enfance. Lou raconte à la fois ses relations avec le peintre, sa femme et leurs amis, et ses longues conversations avec Tom et Hannah. Ces deux enfants un peu fantomatiques semblent évoluer dans un univers qu'elle comprend de moins en moins. Ainsi, de même qu'elle flotte entre deux langues et deux cultures, Lou n'a-t-elle sa place ni dans le monde des adultes, ni dans celui de l'enfance.
Quelle que soit la nostalgie qui enveloppe ce roman, il est d'abord un récit d'aventures, conduit légèrement et avec désinvolture. Le langage est familier, parfois vulgaire, les phrases se brisent et partent dans des directions aussi imprévues que la pensée de Lou, qui enchaîne les digressions et préfère toujours se contredire plutôt que de se corriger. Même quand l'histoire tourne mal et que sont racontés des événements tragiques, le style reste vif et entraînant.
Si la réalité est décrite de manière simplifiée et enfantine, c'est peut-être que la narratrice, incapable d'appréhender le nouveau, doit toujours ramener l'inconnu au connu (Rebecca devient ainsi un double obscur de sa mère, la plage de Newport se confond avec celle de Sainte-Anne-la-Palud...). Lou, qui se plaint de manquer de vocabulaire et d'avoir perdu son français aux Etats- Unis, aplanit le réel et peine à percevoir les nuances entre les êtres, qu'elle confond ou au contraire oppose violemment.
Ses dessins en noir et blanc, qui ponctuent la narration, apparaissent eux-mêmes comme un vague écho, simple et naïf, des tableaux de Peter.
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Commentaires des lecteurs

29 novembre 2015

Just teen

Audace, excès, érudition et originalité. Tels sont en quatre mots, les critères de la Mention spéciale du Prix Wepler–Fondation La Poste. C’est la jeune Lise Charles qui vient cet automne d’être honorée de ce prix pour son second roman « ...

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Avec Lise Charles
Le , La chouette librairie

Avec ses héroïnes odieuses et adorables, Lise Charles bâtit une œuvre fougueuse, inventive, pleine d’audace et tissée de références littéraires. Ainsi, avec "La Cattiva" (P.O.L, 2013), roman à plusieurs voix, l’auteure nous enferme au cœur des méandres amoureux d’une jeune femme capricieuse dans une Italie à la fois réelle et rêvée, puis l’écrivain nous happe et nous balade d’une écriture cinglante avec "Comme Ulysse" (P.O.L, 2015), récit d’aventures et huis-clos fait de contradictions savamment distillées et d’allers-retours incessants entre le connu et l’inconnu. C’est en auteure-jeunesse que nous aurons également le plaisir de recevoir Lise Charles qui publie, en ce début d’année 2019 sous le nom de Marianne Renoir, "Le Murmure des sorcières" (L’Ecole des loisirs) et "La Princesse Caméléon" (Gallimard Jeunesse).

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