Bonjour, Monsieur Courbet, artistes, amis : en vrac 1956-2008
EAN13
9782358731638
ISBN
978-2-35873-163-8
Éditeur
Bruit du temps
Date de publication
Nombre de pages
192
Dimensions
24 x 20 x 1 cm
Poids
668 g
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Bonjour, Monsieur Courbet

artistes, amis : en vrac 1956-2008

Bruit du temps

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Philippe Jaccottet a réuni dans ce recueil les textes que le hasard des rencontres, voire des commandes, de 1956 à 2008, lui a fait écrire sur quelques chefs-d’œuvre anciens (le porche roman de la Basilique San Zeno, à Vérone, Le Baptême du Christ de Piero della Francesca ou les vies silencieuses de Morandi) et sur les œuvres plastiques (peintures, sculptures, photographies, marionnettes) d’une vingtaine de ses contemporains, d’Alberto Giacometti au jeune Paul Vergier, qu’il eut le privilège de fréquenter. Il les aura rencontrés pour beaucoup à Lausanne au sortir de la guerre, notamment dans l’atelier bohème
de Lélo Fiaux et dans l’entourage de l’éditeur Henry-Louis Mermod qui tous deux polarisaient alors la vie artistique romande ; d’autres (Garache, Assar...) lui auront rendu visite dans la Drôme, où sous l’instigation de son ami Gérard de Palézieux s’est formée autour des paysages de Grignan une certaine famille d’artistes plutôt à l’ancienne (de Chinet à Italo de Grandi), dont Jaccottet fut un observateur d’autant plus attentif que son épouse est elle-même peintre, se reconnaissant dans leur façon de vivre en retrait des centres mondains et dans leur manière d’être, à la fois modeste, sans chichi, et presque paysanne. Ce n’est pas pour rien que ce livre emprunte son titre à un célèbre tableau de Gustave Courbet, qui, contre les canons symbolistes de son temps, représente très simplement la rencontre en plein air, dans le Midi, du peintre avec un admirateur de ses toiles. De même, le poète n’avance pas là en intellectuel ni en critique d’art, se laissant toute liberté de raconter ses souvenirs en marge de son propos d’amateur de peinture. Aussi justes que soient donc les observations faites face aux œuvres, elles n’en dessinent pas moins un scrupuleux autoportrait du poète ; qui défend, une fois de plus, un art hanté par un rêve d’harmonie et de paradis perdu ; et la conviction inquiète qu’il nous faut parfois renoncer à ce qui se présente trop ostensiblement comme moderne pour préserver une vérité peut-être plus authentique, venue du fond des âges ; qu’en un mot le recours aux artifices inventés contre la tradition par les avant-gardes successives ne doit pas s’opérer au détriment de quelque vibration plus secrète.
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