Conseils de lecture

Les dangers des écrans pour nos enfants

Seuil

20,00
par (Libraire)
14 novembre 2019

Coup de cœur de la chouette

Les écrans, c'est un peu comme le réchauffement climatique : on sait que ça existe, on sait qu'il faudrait agir, mais voilà ça fait peur et un peu d'ignorance nous fait du bien/nous protège. Pourtant, nous vous recommandons la lecture de cet essai de Michel Desmurget, qui livre une vraie base de réflexion et une synthèse des nombreuses études réalisées, à la portée de tou.te.s pour nous aider à fonder notre argumentation face à l'invasion du tout numérique. Loin d'être culpabilisant, son propos est tout simplement éclairant - à chacun.e ensuite d'adapter le temps d'écran des enfants à leur âge et à son mode de vie, en tout connaissance de cause !


14,00
par (Libraire)
7 novembre 2019

Un album tout en délicatesse, pour évoquer la grande question que chaque enfant se pose : que font les doudous la nuit ? Liniers conjugue humour et poésie pour y répondre, et nous narre la nuit de doudou Planète.


Autrice: Sigrid Baffert - Illustratrice: Jeanne Macaigne

MeMo

11,00
par
31 octobre 2019

Coup de coeur d'une chouette lectrice !

" Vous parlez bien de La fâcheuse féroce fourbe furieuse Krakenko?"
Jeux de sonorité et allitération pour cette aventure sous-marine pleine de rebondissements et visuellement surprenante. L'homme est un mystère pour le microcosme sous-marin dont le règne animiste possède ses propres codes. La description des profondeurs marines émerveille autant qu'elle effraie et stimule la tolérance, la solidarité et l'empathie. Ce périple jusqu'au ventre du monde rappelle aux lecteurs les enjeux écologiques de notre temps. Il est plus que nécessaire de semer les graines pour une initiation précoce des jeunes enfants au sujet de la nature humaine et de la pollution. Ce questionnement est suscité par les trois pieuvres qui voient flotter un mystère. La grande liberté interprétative fait nager le lecteur dans l'inconnu et sensibilise les enfants aux problèmes écologiques; elle leur donne les moyens de se positionner. Ce recyclage des idées folles n'est pas une recherche esthétique gratuite mais au service du jeune lecteur. L'enfant est sollicité sur un registre inhabituel, en plus de la recherche de la complicité, l'autrice cherche une confiance bienveillante en la sagacité du lecteur. Une proposition ouverte où l'imaginaire se nourrit des lieux, des creations et des histoires rencontrées. Le milieu océanique favorise l'évasion et l'émotion. L'océan devient écomotif où l'autrice rend sensible la complexité de l'interaction entre l'humain et la nature, en réinventant et en confrontant le langage et l'imagination à une nouvelle donne environnementale. Ce petit livre fait réfléchir le destinataire en l'impliquant émotionnellement et esthétiquement. Le recours à l'humour multipliant images insolites et jeux de mots aborde l'écologie dans un cadre référentiel inhabituel. Ici, le monde sous-marin, sa population en collégiale, décide de venir en aide à l'humain. La dimension poétique donnée aux images et au texte permet d'entendre le double sens de cette nouvelle manière d'écrire le monde, au delà de la visée créatrice et réflexive.
La Chose du MéHéHéHé de Sigrid Baffert illustrations Jeanne Macaigne éditions MeMo Polynie, dirigée par Chloé Mary
Coup de cœur.


12,50
par
31 octobre 2019

Conseil d'une chouette lectrice !

Elle sait qui me visite quand je dors; je lui raconte au petit matin les ours de ma nuit, familiers, hostiles, drôles, pernicieux, affectueux, inquiétants. Elle écoute en silence. Elle rit de me voir accroupie dans les buissons de baies avec mes cheveux blonds qui dépassent des feuillages, tu as comme une fourrure elle me dit chaque fois. Elle compare mon corps musclé à celui de l'ourse; elle se demande qui de l'une ou de l'autre dort dans le terrier de son double."
Un très beau texte de résilience dans une zone incertaine, liminaire, celle des montagnes du Kamtchatka. Un trait d'union improbable entre la femme anthropologue en proie à l'ours dans la toundra d'altitude. C'est le contenu du cahier noir qu'elle nous confie, un état de corps et d'esprit où il n'y a que l'amour qu'il faille rappeler à nous pour continuer à vivre.
Une forme fauve de moments âpres, initiatrice du trouble intérieur au fil des pages.
Croire aux fauves de Nastassja Martin, éd Verticales.


Francesco PITTAU

MeMo

10,00
par
31 octobre 2019

Coup de coeur d'une chouette lectrice !

« Je suis un bout de nuit resté ici par distraction. Je me suis endormi. Je n'ai pas entendu les autres partir avant le lever du jour. Et quand il a fait clair, je ne pouvais plus partir. J'étais cloué ici en espérant que la lumière du jour n'entre pas dans la salle de bains. À la lumière, je disparais. Heureusement, il n'y a pas de fenêtre. Mais si quelqu'un me ramasse et me jette dehors, je suis fichu. »
Le texte joue avec beaucoup d’humour et de poésie des sédimentations culturelles plurielles.
Petit Garçon vit dans son monde imaginaire, en compagnie de Zork le crocodile, Bouh l'hippopotame, Triny le chien, Touit le perroquet et Pelote le mouton. Le lecteur assiste à ses vagabondages.
Qui n’a pas joué enfant à observer la pièce la tête à l’envers? Il suffit de faire le petit pont ou de s'imaginer être une mouche.
Les scènes sont prises dans un continuum de l’enfance. L’auteur inscrit une aire potentielle permettant au Petit Garçon de jouer, non seulement avec les règles de la réalité et ses tristes conventions, mais selon un jeu libre et créatif, celui de l’imaginaire. Il ajuste les motions du monde interne de l’enfance aux exigences des conventions sociales.
Petit Garçon est multiple. Le monde lui doit une infaillible protection mais c'est un contrat impossible à remplir. Il combat des dangers absents et tout s'emballe dans la tête de Petit Garçon. Une force le pousse vers la périphérie de la cour d'école, de sa chambre d'enfant, à la lisière de la forêt. Il semble présent au monde comme on observe de loin les nuées d'oiseaux, en soulignant la force de la solitude, mu par la nécessité de rêver. Il déchiffre la réalité à travers les ambiguïtés des fables et le monde mystérieux des adultes.
La littérature jeunesse, de cette qualité, mobilise ce qui dans le langage poétique fait lien avec la résonance intime. On se souvient de nos dessins maladroits, des histoires inventées et nos velléités de grandir. Petit Garçon nous rappelle la valeur éphémère du rêve où l’âge enfantin a sa propre gloire. Il nous incite à regarder le monde en passant outre la réalité qui nous coupe de lui.
Le trait choisi par Catherine Chardonnay, tantôt doux, tantôt brut, mime parfaitement l’univers ludique de ce Petit Garçon fantasque. L’image dit au-delà du texte auquel elle est subordonnée.
J’ai la chance au quotidien de pouvoir lire aux enfants et cette histoire à grandir debout émerveille beaucoup.
Petit Garçon de Francesco Pittau, illustrations de Catherine Chardonnay, MeMo Polynies, éditrice Chloé Mary