L'armoire des robes oubliées

L'armoire des robes oubliées

Riikka Pulkkinen

Albin Michel

  • 12 juin 2016

    Une histoire somme toute assez banale, un style poétique mais parfois surfait, une écriture beaucoup trop lénifiante, dommage...Mais une très belle fin qui rachète les faiblesses du livre. gracedubois


  • 26 septembre 2012

    En 1964, Elsa est une professeure et pédopsychiatre de grande renommée. Son métier l'oblige à beaucoup voyager, de congrès en conférences. Son mari, Marrti, est lui un peintre reconnu, très pris par sa peinture. Pour pallier leurs fréquentes absences, ils engagent Eeva, jeune campagnarde étudiante à Helsinki, pour s'occuper de leur fille Ella.
    En 2010, Elsa est atteinte d'un cancer incurable. Pour profiter encore un peu de sa maison et de sa famille, elle choisit de quitter l'hôpital et de mourir près des siens. Ainsi, Marrti, Ella et ses deux filles Anna et Maria se relaient auprès d'elle pour veiller sur son bien-être et partager des souvenirs.


    Au cours d'une belle journée où Elsa se sent bien, elle décide avec Anna de faire renaître un de leurs jeux d'autrefois: elles vont se déguiser et prendre le thé dans le jardin. D'une vieille armoire, Anna sort une robe qu'elle ne connait pas. Sa grand-mère lui confie que cette robe appartenait à Eeva et lui raconte cette jeune fille qui, un temps, a fait partie de leur famille et dont plus personne ne parle aujourd'hui.

    Malgré la maladie, les secrets, les drames, les chagrins, c'est surtout l'amour qui transparaît dans chaque ligne de ce magnifique roman. Celui d'une mère pour sa fille, celui d'une femme pour son amant, celui d'une fillette pour sa nourrice, celui qui lie entre eux les membres de la famille d'Elsa.
    Dans une langue tout en poésie et en douceur, Rikka PULKKINEN nous mène, au gré de son récit, dans le coeur de ses héroïnes, celles de 1964 et celles de 2010. Elle dévoile leurs peurs, leurs peines, leurs passions, leurs élans, leurs culpabilités, leurs tristesses, toute la gamme des sentiments de ces femmes faibles et fortes à la fois. C'est sensible, touchant, nostalgique et cela sonne toujours juste.
    Il faut se laisse bercer et emporter par l'écriture de cette toute jeune auteure finlandaise qui sait parler de choses graves et légères, sans pathos, mais avec finesse et générosité. Un grand moment de lecture.


  • 19 mars 2012

    Acuité et finesse ...

    Un joli roman qui laisse une empreinte : prenant et sensible.

    On y trouve toute la vie dune femme et de celles qui ont gravitées autour d'elle. Servie par une écriture singulière, fluide et presque poétique, Ce récit charme sans aucun doute

    Voici la citation que l'on trouve en début de roman, pour vous donner le ton : "On peut supporter tous les chagrins s'ils font partie d'une histoire ou si l'on en écrit une à leur sujet" Karen Blixen.


  • 19 mars 2012

    Le mois dernier, Albin Michel publiait un très beau roman d’une jeune auteure finlandaise qui risque de faire parler d’elle dans les années à venir, je veux parler de « L’armoire des robes oubliées » de Rikka Pulkkinen. Le titre, avec ces accents de nostalgie, m’a interpellé avec tout ce qu’il promettait : secrets oubliés, tranches de vie familiale et autres drames domestiques, et force est de constater que ce roman a comblé toutes mes espérances. Un premier roman abouti et juste, qui m’a beaucoup émue.


    « L’armoire des robes oubliées » nous entraine sur les pas de trois générations de femmes avec la découverte du cancer d’Elsa, doyenne de la famille et ancienne pédopsychiatre. Ses proches essaient alors, à leur manière, d’appréhender sa mort prochaine, et c’est tout naturellement que les souvenirs refluent à la surface. Dès lors la narration alterne les points de vue entre Elsa la grand-mère, Eleonoora sa fille unique, Elsa une de ses deux petites filles mais surtout la mystérieuse Eeva, dont une simple robe « oubliée » déclenchera une avalanche de souvenirs malheureux. Le récit jongle entre passé et présent (des années 60 à nos jours) et l’auteure fait renaitre les sentiments égarés de cette famille si actuelle, qu’un drame a failli briser. Le ton est juste et d’une grande sensibilité, on lit ce roman comme l’on respire, avec aisance et naturel. Rikka Pulkkinen semble connaitre les sentiments humains sur le bout des doigts, et elle les décortique ici avec brio.

    Etrangement « L’armoire des robes oubliées » est un récit aussi moderne qu’il est ancien, car si les sujets abordés sont toujours autant d’actualité (importance de la carrière chez la femme, accomplissement personnel mais aussi maternité), cette passion amoureuse qui remet tout en question semble traverser les âges. Pas étonnant donc qu’il y ait autant de similitude entre Eeva et Anna, deux jeunes femmes que tout devrait séparer mais qui sont si semblables en fin de compte. Mœurs différentes certes, mais sentiments identiques. Ce qui rend le roman très riche en émotion, l’auteure abordant la question de la vie et de la mort, du sentiment amoureux, de la jalousie et de l’affection maternelle. Le tout servi par une écriture empreinte de poésie et de pudeur, avec une sensibilité de langage qui fait mouche. Un très beau roman qui n’est pas sans rappeler « Le goût des pépins de pomme » de Katharina Hagena, de par son côté portrait de femme mêlé de nostalgie. A découvrir.


  • par
    13 février 2012

    Riika Pulkkinen a une trentaine d'années et fait preuve d'une sorte de sagesse, au moins d'une grande observation des siens ou d'une étonnante maturité pour résumer ainsi en quelques phrases bien senties ce qui peut faire l'objet de discussions interminables. Étudiante en littérature et philosophie, son cursus l'a sûrement aidée à construire et écrire sa réflexion pour le plus grand plaisir du lecteur.

    Mais elle sait aussi se laisser aller et son livre est empli d'expressions, de paragraphes étonnants, quasi surréalistes, très poétiques à propos des animaux, des hommes, de l'amour, des fleurs, de la nature : "Derrière la fenêtre les racines des fils de la vie ont peut-être déjà commencé à s'accrocher à la terre. Les pommiers en fleurs, leur éclat innocent, un peu étonné de soi-même, comme une communiante qui aurait pour la première fois passé une mini-jupe et compris qu'elle la rendait attirante. Tout fut un instant à sa place, juste comme il se devait." (p242) J'aime beaucoup l'image de cette communiante en mini-jupe, qui arrive dans cette phrase par le biais d'une image totalement improbable, mais je confesse, mon père que ça doit être mon côté pervers qui fait des siennes ! Ceci étant, c'est pas moi qui aie commencé, c'est Riika !
    Tout cela pour dire que lorsque vous aurez entamé la lecture de ce roman (car je ne doute point que vous le ferez), vous risquez bien de ne pouvoir vous arrêter, charmé(e)s que vous serez par le mélange de Riika (maintenant qu'on a parlé de la communiante, je me permets de l'appeler par son prénom) : entre observation des liens amoureux et familiaux très réalistes, digressions oniriques et réflexions justes et clairvoyantes. Bonne lecture de ce très bon roman nordique et qui en plus réussit l'exploit de n'être pas un polar !


  • 30 janvier 2012

    Elsa ancienne professeure et pédopsychiatre est atteinte d’un cancer. Elle préfère rentrer chez elle auprès de son mari Martii peintre renommé que de rester en soins palliatifs. Pour profiter encore de la vie et de sa famille. Comme pour prolonger ces choses qu’elle a aimé, elle propose à Anna, une de ses deux petites-filles de se déguiser et de prendre le thé comme quand Anna était enfant. Anna découvre une robe qui n’était ni à sa grand-mère ni à sa mère Eleonoora. Elsa lui raconte à qui appartenait cette robe et lui dévoile un secret.


    Elsinki, Années 1960: Martii est au tout début de sa carrière d’artiste peintre et Elsa effectue de nombreux déplacements pour ses travaux d’études sur les enfants. Eeva étudiante est employée par le couple pour s’occuper d’Eleonoora lorsqu’Elsa s'absente. Ce qui n’aurait pas dû se produire arrive, Martii et Eeva tombent amoureux. Vous comprendrez qui est la propriétaire de la robe retrouvée par Anna. L’erreur serait de croire que ce roman ne parle que de cette histoire d’amour ! Car avec une écriture posée, Riikka Pulkkinen nous dépeint des sentiments forts comme le sont la peur de la mort, le vent de liberté et d’indépendance durant les années soixante, l’envie d’Elsa de mener de front sa carrière professionnelle et familiale, les liens entre les membres de cette famille. Sans compter qu'avec habileté, elle se glisse dans la peau de plusieurs personnages tout au long du récit. Des personnages humains, touchants à qui elle a su insuffler une densité et une profondeur. Et, puis il y aussi cette faculté à décrire si justement Martii et Elsa au début de leur vie de famille et cinquante ans plus tard avec ce que la vie leur a apporté.

    Alors, c’est vrai je pourrais continuer à vous énoncer toutes les qualités de ce roman mais je vous dirai juste qu’il est très beau sur toute la ligne ! Riikka Pulkkinen nous offre une histoire prenante avec sensibilité et beaucoup de talent !


  • 14 décembre 2011

    Un roman habile et marquant

    Elsa, la soixantaine, découvre un jour qu'un cancer la ronge et qu'elle n'a plus que quelques mois à vivre. Pour son mari, Martti, sa fille Eleoonora et ses petites filles Anna et Maria, c'est bien sûr un choc et un immense chagrin. Et cela a pour conséquence de les rapprocher, pour mieux entourer la malade de soins et d'attentions.

    C'est à cette occasion qu'Anna, la plus fantasque des deux petites-filles, va découvrir dans l'armoire de sa grand-mère, une robe oubliée, ayant appartenu à une jeune femme, Eeva, chargée il y a bien longtemps de veiller sur la petite Eléoonora alors que ses parents menaient de front leur vie, leur amour et leur carrière (Elsa était une spécialiste reconnue de l'éducation, son mari un peintre renommé). Peu à peu, un pan totalement occulté de l'histoire familiale se révèle, et avec lui, secrets, non-dits et mensonges.

    Le roman de Riikka Pulkkinen est d'abord une construction très habile qui donne, tour à tour, comme un coup de projecteur à tous les protagonistes de l'affaire et permet ainsi de mettre en lumière toutes les facettes de l'histoire.

    C'est ensuite des personnages très humains, attachants, entre lesquels on sent passer un attachement profond, de l'humour, de la tendresse et des regrets. La manière de présenter ici la "famille finlandaise" se fait en toute simplicité, même si les relations sont complexes et tranche de manière flagrante avec les romans familiaux "à la française", souvent larmoyants et nombrilistes.

    L'armoire des robes oubliées, c'est enfin une plume souple et riche, au service d'une histoire captivante et émouvante, qui m'a marquée pour longtemps. C'est mon premier coup de cœur de l'année et je souhaite ardemment qu'il le devienne aussi très vite pour vous...