• 19 septembre 2012

    Les ignorants est une bande dessinée hors-normes. Tout d'abord, de l'extérieur, il ressemble plutôt à un livre, avec ses 272 pages solidement reliées. Très bien réalisé, c'est un bel objet. Mais c'est à l'intérieur qu'est son intérêt principal. Il est né de la rencontre d'Etienne Davodeau, auteur et dessinateur de bande dessinées, avec Richard Leroy, vigneron de Loire connu des amateurs pour la qualité de ses vins (qui ont toutefois l'énorme défaut d'être très difficiles à trouver). L'idée étant que chacun doit faire découvrir à l'autre son métier en profondeur (d'où le titre, chacun étant ignorant face à l'autre).

    Cela donne donc l'occasion à Richard Leroy d'expliquer toutes les étapes de l'élaboration d'un vin. Etienne Davodeau participe aux différents travaux. Le livre nous fait ainsi vivre une année entière dans les vignes : la taille, le choix des tonneaux, la biodynamie et ses préparâts, le décavaillonnage, la vendange, le travail au chai. nous avons même droit à la visite d'un dégustateur de Parker (le nom n'est pas cité mais on reconnaît David Schildknecht). De son côté, Etienne Davodeau emmène Richard Leroy chez son imprimeur, son éditeur, chez d'autres auteurs.

    L'ensemble est très intéressant, surtout pour les amateurs de vins que nous sommes. Richard Leroy n'étant pas du genre à beaucoup communiquer, cette bande-dessinée est aussi l'occasion de mieux découvrir ce vigneron qui travaille en ne faisant aucune concession. Le dessin, en noir et blanc, est très agréable, très vivant, il nous immerge totalement dans le récit. La lecture de Les Ignorants est un vrai plaisir.

    Remi Loisel - Château Loisel, critiques de livres et de vin


  • 15 août 2012

    bande-dessinée, vin

    Voici une bande-dessinée dense, riche de tons sépia, et qui raconte deux histoires d'amour.

    Celle d'un vigneron des pays de Loire, devenu tardivement producteur de vin ; celle d'un dessinateur de bande-dessinée, ce 9e art.

    Si le métier d'Etienne Davodeau m'a peu touché, en revanche, l'amour de Richard pour ses pieds de vigne m'a ému.

    Car le viticulteur est d'abord un amoureux et un passionné, capable de passer les 3/4 de l'année le nez dans ses ceps, les taillants, les attachants, les remplaçants parfois, leur parlant, toujours. De produit chimique, très peu, le moins possible : il jardine avec la lune, le compost naturel, une viticulture en biodynamie. Il rencontre d'autres viticulteurs, comparant leur sol, leur taux de soufre (très important, le soufre), dégustant jusqu'au bout de la nuit.

    Avec cet ouvrage, j'ai découvert que le métier de vigneron se déroule d'abord et avant tout dans les vignes. La bouteille finale ne représente qu'une infime part du travail, le travail de mère-nature.

    L'image que je retiendrai :

    Celle de Richard, hirsute au début de l'histoire, en plein hiver ; rasé de frais dès le printemps. Comme ses vignes, il se met en hibernation et ne se rase pas quand il coupe et prépare ses ceps.

    http://motamots.canalblog.com/archives/2012/07/04/24625206.html


  • par (Libraire)
    26 juillet 2012

    Belle réussite !

    Si vous êtes déjà amateur de bande-dessinée et de vin, allez-y sans hésitation !

    Si vous n'est amateur que de bande-dessinée, allez-tout de même : vous êtes à mi-chemin de vivre un vrai partage !

    Si vous êtes amateur de vins, les points communs entre ces 2 mondes risquent de vous plaire à travers le récit de cette rencontre !

    Beaucoup d'humour pour cet échange instructif entre ces 2 mondes, si vous aimez les passerelles ....


  • 12 juillet 2012

    Chronique

    Etienne Davodeau est un auteur philanthrope, curieux et sensible. Ses livres sont là pour en témoigner. Le dernier d’entre eux, tout juste paru aux Editions Futuropolis, en est une nouvelle preuve vivante.

    Les Ignorants est le récit d’une expérience originale, la restitution d’une année de collaboration étroite, le fruit d’une relation inattendue, professionnelle et affective, entre un auteur de BD et un viticulteur.

    Pendant douze mois, soit quatre saisons, Richard Leroy a en effet initié Etienne Davodeau aux mystères de la vigne et à la magie du vin. Dans ses fabuleux Coteaux du Layon, il lui a révélé tous ses secrets de fabrication. Brillant pédagogue, il a en l’occurrence su jouer l’alternance: analyses scientifiques par-ci, envolées métaphysiques par-là… Bien sûr, l’essentiel de l’apprentissage s’est fait sur le terrain.

    Le père de Lulu Femme Nue a volontiers donné de sa personne, taillant les sarments au cœur de l’hiver, maniant la pioche, la « bicyclette » et la décavaillonneuse comme un forçat de la terre. De manière absolue, il a livré son corps au terroir.

    Etienne a profité de l’occasion pour faire découvrir à Richard le monde de la bande dessinée, lui suggérant des lectures, lui proposant des visites, organisant des rencontres plus enthousiasmantes les unes que les autres: imprimeurs de Tournai, employés de « Futuro », festivaliers de « Quai des Bulles »… Le partage, encore et toujours le partage !

    Au bout du compte, chacun des deux protagonistes se sera nourri de l’autre et aura beaucoup appris à ses côtés. Les Ignorants du début ne le sont plus vraiment à la fin.

    Le lecteur s’y retrouve aussi, porté par les textes et dessins d’une belle aventure humaine. Il se dit que la vraie vie, c’est peut-être bien ça: des livres et du vin, des amis avec qui les partager.

    Il se dit que la passion, c’est quand même bien mieux que la modération !

    Bert’

    Lire la chronique illustrée : http://www.brestenbulle.fr/?p=123