Les Femmes sont occupées

Les Femmes sont occupées

El Ayachi Samira

Éditions de l'aube

  • 30 octobre 2019

    vie moderne

    Un peu d’anti-cerne puis de poudre de Terracotta, mais pas trop pour ne pas faire paquet.
    Après le départ du père de l’enfant, la narratrice se retrouve seule et doit jongler entre la rédaction de sa thèse, l’écriture de sa pièce de théâtre et les répétitions avec les acteurs.
    J’ai aimé le ton parfois décalé de ce récit de vie d’une femme qui s’accroche, et qui découvre la mono-parentalité.
    Le père demande le divorce mais ne prendra Petit Chose que quand il a envie. Même le recours à la belle-mère ne changera que peu cet état de fait.
    Oui, les femmes sont occupées : occupées à survivre entre le travail (parfois plusieurs), l’attention demandée par les enfants, les factures, mais aussi les copines.
    L’auteure porte un oeil critique mais juste sur notre société qui fait reposer le poids de l’enfant sur la seule mère.

    Quelques citations :

    « Tu espères des avis, des conseils : du réconfort dans la masse des solitudes superposées.

    Tu tombes sur des pubs. »

    « La question qui tournait dans tes nuits comme une furie, à savoir qu’est-ce qui autorise un homme à penser que c’est légitime de s’en remettre aux femmes ? Tu viens d’avoir la réponse. La justice est un homme. »

    « Pourquoi ce report des tâches domestiques d’une femme vers d’autres femmes de subsititution : la grand-mère, la femme de ménage, la gouvernante, la nounou, la juge, l’infirmière ? Pourquoi les femmes se refilent la patate chaude et s’exploitent entre elles ? »

    https://alexmotamots.fr/les-femmes-sont-occupees-samira-el-ayachi/


  • par (Libraire)
    29 octobre 2019

    Les femmes sont occupées... et une femme est toutes les femmes sous la plume de Samira El Ayachi. ELLE est femme, mère ; le père est parti il y a peu. Elle veut faire face, elle lutte, elle tombe, se prend en pleine figure les charges mentales, physiques, obligatives des mères modernes et la violence de la société à leur égard, les injonctions, les contradictions, nombreuses et absurdes. Elle a chuté et du plus profond d’elle renaît la Femme qu’elle est. Le féminin s’exprime, combat et se montre partout autour. Samira El Ayachi parle à la deuxième personne du singulier. Ce "Tu" nous emporte avec son héroïne dans la condition même d’une mère célibataire d’aujourd’hui. Ce "Tu" nous engage à faire corps avec elle, à l’accompagner, à aiguiser notre regard, notre conscience, nos convictions, à dire et à partager.
    Cette auteur de théâtre a une langue qui s’entend, qui s’écoute, qui se parle, qui porte haut même au cœur de l’intime. Une littérature belle, engagée, militante et qui dit la condition de mère et de femme dans son universalité.
    Myriam, lectrice de la rentrée littéraire